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Catherine BAILLY


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Peindre

Nous les humains sommes des marcheurs, des témoins de l’aurore, nous devons avancer avec force et douceur et nous abandonner au matin qui nous donnera ce qu’il nous faut pour naître à la toile.
Je me lève et je sais la promesse du matin, mon thé brulant à la main j’observe et écoute ce qui m’entoure et guette l’instant ou assurément je quitterai la scène pour entrer en matière. L’aube n’a pas de couleur, elle est. Pleine et intense. Elle m’invite à sa table si je sais me taire, si j’accepte ce que je ne sais pas, si je lui donne sans condition mon ignorance, celle qui me rend vivante et résistante aussi. La nappe est blanche, elle est reflet et transparence, j’y pose mes couleurs et je m’engage, mes mains obéissent à mon œil capté, et tous les malheurs qui brisent et dénouent le cœur, qui déchirent sans recoudre et brûlent sans soucis notre fragilité, tout cela disparait.
Je nais un peu plus chaque matin et lorsque la nature est lointaine, je compte sur le ciel pour guider mon geste. Je suis alors pour un instant l’arbre qui monte et escalade le ciel de sa sève amère, l’arbre qui accepte sans condition les humeurs du temps. Je peins. Pour que l’arbre ne casse jamais, que le bois de nos espoirs soit toujours vert, toujours souple aux intempéries qui le fouettent.

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Biographie :

Je suis autodidacte, cela s’est imposé à moi. Je m’éclaire continuellement de ce que je vois, ce que j’entends de ce qui m’est donné d’apprendre. Ma rencontre à l’âge de 10 ans avec Nathalie GOBIN (1964-1992) a été décisive et m’a ouvert les portes d’un monde sensible que j’étais loin de pouvoir imaginer. J’ai donc « appris la couleur » en la regardant peindre.

La technique :

Une partie de mon travail est axée autour de la matière, j'utilise alors du sable, des pigments et de la feuille d'or. L'autre partie est axée autour de la couleur. J'utilise comme support des tondos (papier aquarelle épais de forme ronde) et des feuilles au format plus classique. La peinture que je vous présente est effectuée sur du papier aquarelle arche grain fin 640g 56 x 76. J’utilise des encres et des pigments plus ou moins dilués avec de l’eau. La rencontre de ces deux éléments : couleur et eau m’amène à travailler sur la densité, la transparence et la fluidité.

La démarche :

Ma démarche de peintre est d’essayer de relier la matière et la « non-matière », le dicible et le non dicible, la couleur est le médium que j’utilise. La couleur s’origine dans la matière, mais c’est aussi une radiation, une onde qui, en ce sens s’en détache et fait ainsi le pont entre la matière et la non matière.
Lorsque je peins je « n’attends » rien, ne « veux » rien, il ne « faut » rien. Se déploie juste la rencontre entre la couleur, ses mouvements et mon geste, afin que le travail s’accomplisse. Je sais que le travail est accompli lorsque ce que j’ai peint est en adéquation avec ma sensation et mon ressenti intérieurs.

 

 

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